Carnet de déroute

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Carnet de déroute est un cahier
ouvert à tous les vents,
que j’ai tenté de fleurir
chaque jour en 2014/2015.
Un carnet de voyage, dans mon
quotidien parisien.
Un jour, une photo et quelques notes



Café des pères populaires Je t'attendais. Je m'attendais Il y a tant de douceurs à mélanger à l'amertume.

Que te dire de cette plage de Camargue. La magie de la rencontre y est toujours possible. Si loin de celles de la photographie.

Paris est une énigme. Veux-tu la découvrir?

La dormance : « c’est le terme que l’on emploie pour désigner le pouvoir qu’ont les graines de conserver longtemps leur capacité de germination […]. Le soubassement de l’identité d’un pays, dès lors, il faut risquer cela, ce serait l’ensemble de toutes ces dormances, et la possibilité, à travers elles, d’une infinité de résurgences » Le Dépaysement. Voyages en France. Jean-Christophe Bailly

“Il ne faut pas que je vous vois” C'est ce qu'elle m'a répondu quand je lui ai demandé si je pouvais la photographier. Être absente à ma présence.

Écouter mes envies

“Je serai là dans trois jours, ne vous lavez pas.” Un article citait ces propos de Napoléon, à Joséphine de Beauharnais, de retour de Marengo. C'était bien la première fois que je m'identifiais à celui-là.

Grisaille. Le train file entre les averses et déjà je pressens la tristesse de Bois l'abbé. Sinistres barres grises entourant la tour Rodin. Frisson. Est-ce la distance au centre? La présence des chouffeurs? Celle du distribox? Une discussion de la veille me revient; l'hypothèse d'un retour du fascisme n'est pas à exclure. J'ouvre le diplo et un titre me fait trembler, l'article retrace le parcours de Doriot.

Mauvaise nuit Parfois, des difficultés à vivre le quotidien. Un lever matinal dans la froidure hivernale. Cette personne qui semble dormir paisiblement, ramenant mes soucis à leur juste valeur. L'apaisement

Portrait of the day Je pensais à Morandi, à cette capacité à être au monde. La peinture comme une méditation. Parallèlement, je recevais ce texte ( http://petitlien.fr/7p0u ) et avais du mal à faire la synthèse.

Café suivant Il pleut sur Paname. Des rendez-vous, images sous le bras. Une pluie irrégulière mais glacée. Des troquets pour intermède.

Les nouveaux matins

Mirage

Câlin du bitume C'est la provenance de celui du jour.

Portrait of the day

Petit plaisir C'est l'entrée de l'immeuble. Avant, avant que n'interviennent des grincheux, l'espace était peuplé de poussettes en désordre, de doudous, de cadenas pour que les poussettes ne s'envolent pas. Il y a eu des travaux et l'espace a été vidé, nettoyé, neutralisé. Reste cette table sur laquelle une personne a déposé cette Jacinthe qui égaie mon départ et rend l'air plus léger.A moins que ce ne soit l'élection de Syriza dont je n'arrive pas à ne pas me réjouir.

People are the best show in the world. And you don’t even pay for the ticket Charles Bukowski

Je me rendais dans un bidonville à Grigny. J'avais décidé d'y aller à vélo depuis Paris, en suivant le cours du fleuve. Centralité - Périphérie Je quittais la place de la Nation. Je traversais le pont national et fut attiré par le mouvement de son voile. Un homme marchait droit sur elle. Il s'est stoppé à un demi mètre, a continué son chemin en entamant un mouvement de côté à angle droit sur sa droite, puis de nouveau, après cinquante centimètre il a effectué un nouvel angle droit à gauche, comme un robot équipé de cameras qui esquiverait un obstacle. Je repensais à ces êtres, errants, aperçus à l'aube, alors que je traversais Cleveland. Elle a continué à dessiner cet étrange paysage: une voie ferrée à l'abandon, des camions toupie près des silos à sable qui bordent la Seine. Au loin la bibliothèque François Mitterand, Notre Dame: la centralité à laquelle j'allais tourner le dos.

Pourrait-on avoir un n° de tel SVP MERCI Je cheminais rue des Pyrénées. J'avais ramassé un papier de Monsieur Mady, célèbre voyant medium et tentais d'y trouver un sens. Elle trottinait avec son sac marqué Vegan. Je la hélais: “Est-ce une marque, une affirmation de votre végétarisme?…” Elle avait cousu sur son sac ses préférences culinaires qui marquaient un refus de maltraitance animale, comme un slogan. Une marque sur un sac pouvait être autre chose qu'une marque. Je lui expliquais mon errance, et ma fumeuse théorie de la rue qui faisait sens et la laissait repartir après avoir noté son email pour lui envoyer son portrait. Je préparais l'image, à l'agence et observais le fond. Un graffiti scandait “Pourrait-on avoir un n° de tel SVP MERCI” Et cela faisait sens.

Tableau quotidien

“What is art for?” Mes questions sont elles plus fondamentales ?

Inconscient collectif. Je traine mes guêtres dans une déchetterie. Sentiment d’accéder à une beauté obscène et cachée.

La pose académique L’énergie pour la rencontre n’est pas toujours disponible. Expliquer pourquoi, comment je fais des images, quand souvent je ne suis pas capable de dire autre chose que mon envie. Se passer des mots, n’est-ce-pas, l’une des vocations de l’image? Pourtant, toujours ravi d’une réponse positive.

Rencontre virtuelle

Regard vers un futur

Paysage 100% économique Un train pour Toulouse, un train 100% économique, c’est ce que rappelle régulièrement la voix, dans le micro. Autrement dit un train pour pauvres. Le retour insidieux de la troisième classe et du 19e siècle. Un train vintage. A ce prix là les paysages sont comme ça.

Instantané Tu étais blottie, tirant sur ton clope. J'aurais du te photographier. Adossée à un mur, sur ce que je prenais pour une tablette, elle croquait la rue… Regrets d'images alors que je pensais ne pouvoir vivre que d'amour et d'eau fraiche.

Il n'y a pas de paradis futur, il n'y a pas d'avenir, il n'y a que le présent.

Tableau quotidien

tableau quotidien

Abstraction mentale.

Portrait de chiottes.

Urban magenta // Offset 3

L'installation Ça, c'est de l'autre côté de la rue. Cette chaise attend. Il s'installera. Quand la braise sera chaude, tu pourras venir. Nous partagerons un épi de maïs…

Tableau

Consommer ou être consommé. Choix de la rentrée !

SAUVONS LES PATRONS, DEVENONS BENEVOLES Joie du matin, découvrir un tel graffiti. Une population pas entièrement endormie.

Mon mur à moi A défaut d'avoir ma face sur le livre des visages, j'ai dorénavant un mur à moi.

C'est un ami. Petite pause café avant d'entamer la journée. Il n'aime pas être photographié. Il ne souhaite pas poser. A qui est-ce d'apprécier la justesse du geste?

Amours, ces quelques fleurs.

Offset Ils avaient lancé une revue à laquelle j'aurais aimé participer. http://jefklak.org/ On pouvait repartir avec les plaques qui avaient servi à l'impression et je prenais l'une d'elle, où figuraient les images de mon ami Martin qui ré-embarquait pour Buenos Aires. Je constatais que les torsions de la plaque produisaient une étrange musique, pensais qu'était résolu l'un des soucis des images: leur silence. Chez moi je la posais comme un tableau et alternais chacune des faces en observant les variations de la lumière sur le métal. Les voix comme des messagères, sont face au mur ce jour.

Portrait of the day

Le docteur, chez Moki Cela fait plusieurs années que je le croise, dans le quartier et imagine le photographier. Il m'explique ne plus fréquenter La Chope, café où j'ai mes habitudes. “Cela faisait 25 ans que j'étais le premier client, le matin. Il faut savoir changer.” Pour lui offrir un tirage, demander le docteur, au Moki, c'est sous ce nom qu'il est connu, là-bas. Je repensais à Boston, de Patrick Faigenbaum, vue à Amiens et que dans un rare élan de fétichisme, j'avais hésité à dérober.

Morning home

Partout des regards. Des envies de masquer.

Good intention